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19.01.2006

"marre de la Chair"

le sujet de samantha sensuality ( xxx) "marre de la chair" m' a donné à réfléchir sur l'habit... j'ai donc essayé de présenter l'évolution dans l'habillement et de donner quelques explications au phénomène de mode et de tout ce qui en découle ...entres autre le dénudation.

La mode actuelle, par rapport à celle des temps passés, semble avoir perdu en esthétisme et en charme ce qu'elle a gagné en confort et en simplification. L’uniformisation de la mode, le vêtement unisexe en particulier, n'apparaît-elle pas comme un appauvrissement d’une des expressions humaines les plus visibles et les plus propices à la communication entre les hommes et les femmes.

C’est le siècle de la dénudation des corps, de quelque corps que ce soit. Aussi n’est-ce pas au nom de la morale qu’on peut déplorer cette mise à nu, mais au nom de l’esthétisme. Il y aurait long à dire sur l’affaiblissement de la juste perception de notre image corporelle, cette conscience de l’harmonie de l’âme et du corps, que nos ancêtres avaient plus que nous puisqu’ils avaient su créer les vêtements les plus aptes à la mettre en valeur. La beauté des costumes folkloriques, dont la coupe convenait à tous les types physiques, en est une preuve irréfutable.

L’heure actuelle est le règne du noir. Dans les rues, dans les bureaux, dans les réceptions, à la maison, les manteaux, pantalons, vestes, anoraks, foulards, chapeaux que portent les femmes, plus particulièrement, sont noirs ou gris anthracite.

Tout se passe comme si l’adolescente, la femme, mais l’adolescente surtout, n’osait plus être fleur.

La mode vestimentaire est l’une des signatures d’une culture et d’une époque donnée dont il vaut la peine de faire l’analyse. Son caractère transitoire est en soi une grille très précieuse. Lorsque nous nous étonnons des vêtements que portaient nos mères, nous prenons note par le fait même de la disparition d’une façon de vivre… Mais la mode a ceci de particulier que son pouvoir d’attraction empêche souvent l’exercice de l’esprit critique. “Elles sont à la mode”, vous dira la vendeuse de chaussures, en vous présentant des sandales noires d’été aux talons aussi gracieux que des blocs de béton !

Certains vêtements dont la coupe, l’adaptation à un climat, à un type de travail ou à un style de vie sont intouchables: l’imperméable anglais, le sarong indonésien, le sari indien, le kimono japonais…

La grande révolution, le changement radical c’est au 20e siècle, avec la stylisation et l’extrême simplification de la robe, l’apparition du maillot qui dénude le corps, et la généralisation du port du pantalon qu’adoptent les femmes, obligées de remplacer les hommes dans les travaux de la ferme et à l’usine. Le vêtement féminin se désencombre de la quantité de jupes, jupons, chemises qui le caractérisait jusqu’alors. Au cours des années mil neuf cent quarante, apparaissent les robes au genou, à la carrure militaire, caractéristique de cette stylisation. La guerre, la révolution industrielle, en généralisant l’entrée des femmes dans le monde du travail, les dépouillaient en partie du plumage qui avait été pendant des siècles l’un des attributs de leur séduction…

Ayant accès au marché du travail et à celui des loisirs au même titre que l’homme, la femme ne pouvait que revendiquer l’égalité sexuelle. Est alors apparue la mode unisexe: pantalons, tee-shirts, vestes et anoraks de toutes sortes sont désormais interchangeables. Et les différences s’estompent même dans le domaine des chaussures: les mêmes bottes militaires sont portées par les filles aussi bien que par les garçons.

Les vêtements sont désormais pour la grande majorité subordonnés au travail ou au sport.

L’harmonie était aussi intimement liée au désir de plaire et de séduire. Si on compare la mode actuelle à celle des temps passés, on constate ce qu’on pourrait appeler un déplacement des points de séduction; les parties du corps humains qu’on mettait alors en évidence étaient les parties supérieures : le buste chez la femme, avec ces décolletés plongeants, la carrure chez l’homme, avec ces épaulettes et ces épaules rembourrées. C’est maintenant le bas du corps qui est privilégié, avec la minijupe et le short.

La jambe de la femme pendant des siècles a été dissimulée sous plusieurs épaisseurs de jupons et de jupes. Pour montrer “sa jambe faite au tour”, et sa fine cheville, une jolie femme devait les dévoiler par un geste coquet qui faisait rêver les poètes et les amants. C’était l’ère du Romantisme qui s’accommodait bien du mystère des voiles féminins.
Autre trait de notre temps, aussi important que l’égalité vestimentaire sexuelle: le corps, celui de l’homme autant que celui de la femme, se présente sur les plages dans sa nudité totale ou partielle. Du bikini aux maillots de bain révélant tout, la chair maintenant s’étale, ne laissant rien à deviner.


Comment ne pas relier cette mise à nu du corps à cette autre mise à nu, celle de la vie intime? On n’ose plus parler d’âme!

La femme croit s’être rapprochée de l’homme en pratiquant l’égalité des sexes. Et jamais peut-être les sexes n’auront été aussi antagonistes qu’en cette fin de siècle où sont en voie de disparition les vêtements différenciés et séduisants.
Au moment des amours, les oiseaux se parent de leur plus beau plumage, liant ainsi le besoin de plaire à la beauté.


Le vêtement est plus qu’une apparence, il est la signature d’une civilisation; par-delà la mode, il est un mode, non seulement de représentation, mais de communication entre les hommes et les femmes, avec tous les abus que cela suppose, mais aussi toutes les jouissances que procure le vêtement, lorsque l’étoffe et la coupe, en parfaite harmonie avec la personne, la révèle alors à autrui autant que la parole.

Séduction? Oui mais comme prélude à la communication et à l’union.

Si nos modes de vie actuels ne permettent pas d’adopter ces costumes, du moins leur résurrection occasionnelle témoigne-t-elle d’une recherche esthétique et d’une joie de vivre qu'un vers anglais a célébrées dans une forme trop parfaite pour être traduite :

A thing of beauty is a joy for ever!

Les Japonaises, celles du moins qui sont fidèles au kimono, portent à notre avis l’un des vêtements les plus esthétiques qui soient; sa création, qui se perd dans la nuit des temps, n’a pas été dépassée, d’où sa pérennité. Le même constat s’applique au sari, d’une grâce parfaite. Un regard aussi au boubou africain, dont les couleurs artisanales sont raffinées et le plus souvent éclatantes comme doivent l’être les vêtements aux pays du soleil...

Et vous quel est votre style,sachant que l'habit montre une partie de votre personnalité et pourquoi l?

Samantha j'espère que cette analyse qui s'est voulue objective t'aura un peu aidée quant à ton coup de gueule contre le nu

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